Plusieurs fois dirigeant de grandes agences de publicité, enfant de la communication, André Hochberg a décidé il y a quelques années de défendre des valeurs qui lui sont propres et s'investit alors dans le caritatif. Aujourd'hui Président de France générosités, il répond avec Isabelle Bourgouin, Responsable communication et gestion aux questions de WDM France.
M. André Hochberg, Mme Isabelle Bourgoin, la parole est à vous
WDM France : Quand a été créée France générosités ?
André Hochberg : L'UNOGEP a été créée en 1999 par Francis Charon (Fondation de France) et Daniel Bruno (APF) avec le soutien de membres du Comité de la Charte, et a finalement changé de nom en novembre 2006 pour devenir France générosités.
WDMF : Comment mesurer la place qu'a aujourd'hui France générosités dans le secteur caritatif ?
Isabelle Bourgouin : Aujourd'hui France générosités c'est 63 des + grandes associations et fondations de France, ce qui représente plus de la moitié de la générosité en France (dons des particuliers, legs et mécénat d'entreprise). Nous ne prenons pas en compte les services en nature et le bénévolat. Pour les dons des sociétés, cela peut prendre des formes plus diverses encore : produits, dons, mécénats, services... Ces dons sont plus difficilement susceptibles d'être comptabilisés.
WDMF : D'où vous vient cette place incontournable dans le secteur caritatif ? Quels sont votre statut, vos objectifs ?
A-H : France générosités est autant présent dans le secteur car France générosités est avant tout un syndicat professionnel. Ce syndicat rassemble associations et fondations qui font appel à la générosité dans son ensemble. Nous avons à ce titre 2 objectifs principaux qui sont la défense des intérêts des ressources financières privées de nos adhérents, et le développement de la générosité. C'est pourquoi France générosités est également un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics et des médias en ce qui concerne la philanthropie en France.
WDMF : Qu'entendez-vous par la défense des intérêts des ressources financières privées ? Conseillez-vous les associations et les fondations dans l'utilisation de leurs fonds ?
A-H : Et bien nous oeuvrons pour que les ressources privées (à l'opposé des ressources de type subventions,... qui émanent d'institutions publiques comme l'Etat, la Région etc.) de nos adhérents se développent et soient employées au mieux. Mais nous ne nous définissons en aucun cas comme organisme de conseil. France générosités ne fournit pas d'aide à propos de tout ce qui concerne statuts, ressources humaines, etc, des associations caritatives. France générosités se rapproche plus d'une plateforme de mise en relation avec des experts. Nous mutualisons les demandes de nos adhérents afin de leur faire bénéficier de tarifs avantageux. Nous avons un rôle de facilitateur auprès de nos adhérents
WDMF : Comment " facilitez-vous " la défense des intérêts des ressources privées des associations et des fondations? Avez-vous peut être quelques exemples ?
A-H : En ce qui concerne le legs, et particulièrement jusqu'à ces derniers mois, la procédure était fort difficile et longue (7 ans parfois).
Aujourd'hui grâce à une ordonnance, puis un décret d'application et enfin une circulaire d'application obtenue grâce notamment à France générosités, la procédure a été accélérée et simplifiée, l'objectif étant de réduire le règlement des dossiers à un délai de 6 mois. Auparavant l'association ou la fondation devait demander à la Préfecture l'autorisation de recevoir le legs. Aujourd'hui un notaire prévient du legs à la Préfecture,cette dernière peut s'opposer à l'acceptation du legs dans un délai de quatre mois .
Pour le tsunami qui a ravagé l'Asie du sud le 26 décembre 2004, lorsque la Cour des Comptes a sorti son rapport deux ans après, France générosités a envoyé une note explicative aux médias afin de faciliter la lecture de ce rapport. La confiance est fragile dans le caritatif car elle est liée à l'affectif. Pour défendre les intérêts des ressources privées de nos adhérents, il nous faut ainsi parfois avoir un rôle de pédagogue.
WDMF : Afin d'arriver à un tel résultat, vous devez très certainement travailler avec des partenaires privilégiés. Quels sont-ils ?
A-H : France générosités travaille avec le Conseil Supérieur du Notariat, plusieurs ministères, et nous entretenons des relations proches avec La FEVAD, l'AFF, l'Admical, le Comité de la Charte, la Conférence Permanente des Coordinations Associatives (CPCA), Coordination Sud, et le CNRS car à l'origine d'une étude sur les recherches de financement des associations, pour ne citer qu'eux.
WDMF : Certains de ces partenaires vous apportent-ils une aide financière ?
A-H : En aucun cas ! Il est primordial pour nous de rester totalement indépendant, afin d'assurer une transparence maximale sur nos actions. Nous mettons en relation nos adhérents avec des prestataires de service. Il nous faut être à ce titre libre de toute influence, surtout dans le caritatif, qui encore une fois est un secteur extrêmement sensible.
C'est pourquoi nos fonds ne proviennent que de la cotisation de nos adhérents, adhérents qui eux-mêmes proviennent d'horizons divers : médical, environnemental, humanitaire, solidarité... Plusieurs d'entre eux sont également par exemple des associations à caractères religieux différents. C'est un syndicat ouvert, qui ne peut donc pas être taxé de favoritisme.
WDMF : Financez-vous parfois des études en partenariat avec des organismes extérieurs ?
I-B : S'il arrive que nous ayons des mécènes, comme vous le décrivez dans la question, c'est afin de financer des études qui profiteront à tous nos adhérents. C'est un événement épisodique qui nous permet de financer des prestations inaccessibles autrement, en gardant toute notre indépendance.
WDMF : Concernant le traitement de l'adresse des fichiers de vos adhérents, pourquoi un appel d'offre ? Et pourquoi WDM France?
A-H : Aujourd'hui tous nos adhérents font du marketing direct pour leur collecte. On observe effectivement une exigence de professionnalisme de plus en plus grande dans le secteur.
Aussi WDM France travaille depuis 6 ans (2002) avec France générosités. Cependant une remise en question est obligatoire tous les 3 ans au moins afin d'être certain de bénéficier des innovations du secteur, de voir les nouveaux acteurs du marché. Il se trouve qu'à l'heure actuelle, c'est WDM France, qui d'après nos adhérents propose la meilleure prestation. Depuis que nous travaillons avec WDM France, nous n'avons jamais eu ni ennui ni retour d'insatisfaction de la part de nos adhérents, et ce grâce à d'excellentes capacités d'anticipation.
WDMF : Qu'est ce qui a fait la différence pour motiver votre décision ?
I-B : En ce qui concerne l'appel d'offre lui-même, le cahier des charges est resté le même que le précédent, mais WDM France a fait évoluer son offre : " pack + formations " facilitent la vie des associations et fondations. Aussi le travail avec le monde marchand rend WDM France plus ouvert aux innovations, cela sert indirectement le secteur caritatif, et dote la structure d'un excellent service. Vous êtes très sécurisants.
En ce qui concerne la décision à proprement parler, France générosités aide à l'expression des besoins des associations et des fondations pour rédiger les appels d'offres, mais ce sont elles qui décident au final.
WDMF : Comment voyez-vous évoluer les besoins du secteur ?
A-H : Aujourd'hui la prestation incontournable c'est le data quality, réussir dans sa stratégie marketing/communication à limiter le nombre de NPAI.
France générosités, par l'intermédiaire de WDM France propose un traitement des adresses 2x/an.
Pour l'avenir il y a effectivement plusieurs attentes qui se dégagent :
- La prospection à l'échelon local des grosses associations.
- L'évolution des legs.
- Le mécénat des PME/PMI, qu'il faudrait dans un avenir proche voir se développer.
Parcours :
André HOCHBERG - Président de France Générosités
" ESSEC finance comptabilité
" Procter & Gamble : chef de marque
" Publicis Conseil : 10 ans au développement grande consommation en tant que Directeur commercial
" Mc Cann Erickson : Directeur général France et San Francisco
" TBWA : Directeur général
" FNAC : Directeur de la communication
" Gutenberg Online : directeur général
Puis apparaît l'idée de faire quelque chose d'utile dans sa vie. Ce qu'on sait faire au service des autres répond à ses valeurs.
" Directeur de la collecte et communication au Secours populaire
" Délégué général de France Bénévolat
" Président de l'UNOGEP
Isabelle BOURGOUIN - Responsable gestion et Communication
Scientifique de formation
Forte sensibilité à l'environnement
IUP gestion et management des entreprises de l'économie sociale
" Association Enfance et Partage Normandie
" Association sénégalaise oeuvrant pour les enfants Talibé : audit de projet
Autant de problématiques de financement, qui mènent assez logiquement à France générosités.